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Au centre hospitalier, l’artiste Géry Rudent rend hommage aux donneurs d’organes

PUBLIÉ LE 24/12/2012 – MIS À JOUR LE 24/12/2012 À 03:09

Par La Voix du Nord

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Géry Rudent est un artiste tourné vers l’humain : les peurs, les émotions, les gestes de l’Homme nourrissent son inspiration. Lorsque le centre hospitalier de Lens lui a demandé de réaliser une sculpture pour rendre hommage aux donneurs d’organes, il n’a pas hésité une seconde.

PAR LUCIE DELORME

lens@info-artois.fr

Dans la salle de conférence du bâtiment A1 de l’hôpital de Lens, une cinquantaine de personnes attendent. Au centre de la pièce, un pilier sur lequel repose la sculpture, encore dissimulée par un drap. Elle sera dévoilée par l’artiste, Géry Rudent, après quelques discours sobres. L’objet de cette rencontre est de rendre hommage aux donneurs d’organes. « Le don est anonyme, mais doit être reconnu et remercié », affirme Carole Genty, coordinatrice de l’unité Prélèvement multi-organes (PMO) du centre. D’où la sculpture, représentant deux êtres face à face. Leur torse est composé de briques dorées. L’homme à la tête penchée en arrière vient de faire don de l’une de ses briques à celui qui se tient debout face à lui. «  Cette brique n’a pas de prix, elle vaut tout l’or du monde », commente Géry Rudent pour le public, composé principalement de familles de donneurs.

Alors que tout le monde regarde avec attention son oeuvre, l’artiste confie qu’être présent à cette cérémonie est « important et impressionnant. Je savais que je serais face à des gens qui ont souffert ». Pendant de longs mois, il a travaillé étroitement avec l’équipe de l’unité PMO de l’hôpital pour concevoir une sculpture qui rendrait hommage aux donneurs sans heurter les familles. Un sujet qui a touché Géry Rudent. «  Je travaille souvent sur des thèmes qui ne sont pas palpables. J’essaie de matérialiser l’immatérialisable. Si j’obtiens des réactions des visiteurs, c’est le plus grand des cadeaux. » Pour cette création, il a été question de matérialiser ce qui pour lui est « la plus grande preuve d’humanisme ». « Le choix de donner une part de soi est courageux. C’est la capacité de penser d’abord à l’autre, à la vie. C’est une magnifique preuve de générosité. » À l’origine de cette collaboration entre l’hôpital et l’artiste, il y a Carole Genty et toute son équipe. Pour elles, remercier les donneurs était une nécessité. Le choix de l’artiste et de la sculpture était une évidence. « Des liens se tissent avec les familles des donneurs. Mais les organes sont prélevés, on leur envoie un courrier de remerciement et c’est tout. Il manquait vraiment quelque chose », assure la coordinatrice de l’unité PMO.

La sculpture sera placée dans le grand hall d’accueil du bâtiment F1, le principal bâtiment du centre hospitalier. Sur le pilier qui accueille l’oeuvre sont inscrits les mots du poète arménien Vahan Tekeyan : « Que reste-t-il de la vie ? Que cela est étrange. Il ne me reste que ce que j’ai donné aux autres. » •